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FAQ

L’ensemble du Parc des Ateliers sera ouvert au public au printemps 2021. La tour conçue par l’architecte Frank Gehry pour la Fondation Luma sera alors terminée, en même temps que la totalité du jardin imaginé par l'architecte de paysage Bas Smets. Début 2020, les entreprises travaillent à l’aménagement intérieur des neuf étages de la tour, dont plusieurs espaces sont conçus par des artistes. Depuis 2019, le bâtiment a son aspect extérieur définitif. Le groupe français Vinci Construction a livré le gros œuvre qui comprend la structure du bâtiment (murs porteurs, piliers, poutres, planchers, etc.). Les 11500 briques d’acier inoxydable qui composent la façade extérieure ont été posées par la société française Eiffage Metal. La même société a construit la rotonde de verre qui ceinture l’immeuble et abritera l’entrée et l’accueil. Parallèlement, les plantations des arbres du parc jardin ont débuté à l’automne 2019. La totalité du parc sera terminée au printemps 2021 pour l’inauguration officielle du Parc des Ateliers.

La tour conçue par l’architecte Frank Gehry pour la Fondation Luma sera ouverte au public au printemps 2021. L’année 2021 marquera l’ouverture complète du Parc des Ateliers puisque les bâtiments anciens occupés par l’industrie ferroviaire ont tous été rénovés dans les années précédentes. L’architecte Annabelle Selldorf a réalisé la réhabilitation des Forges (2014), de la Mécanique Générale (2016), de la Formation (2018) et l’ancien Bâtiment administratif (2020). La Grande Halle avait été rénovée par la Région Provence Alpes Côte d’Azur et inaugurée en 2007, avant l’achat du site pour le projet de la Fondation Luma.

Le Bâtiment Ressource conçu par l’architecte Frank Gehry s'élève à 56 mètres au-dessus de l'Avenue Victor-Hugo. À cette hauteur, le regard porte sur tout le centre ancien d'Arles et le Rhône mais aussi sur les paysages des Alpilles, de la Crau et de la Camargue. Vu de l'extérieur de la ville, le bâtiment est d'une hauteur comparable aux édifices du centre ancien, dont le plus élevé est le clocher du couvent des Cordeliers, aujourd’hui le collège Saint-Charles (57 m). Le bâtiment dessiné par Frank Gehry est le premier immeuble de grande hauteur (IGH) construit à Arles depuis l'hôpital Joseph-Imbert achevé en 1974 et inscrit sur la liste du patrimoine architectural du XXe siècle.

Le Bâtiment Ressource conçu par Frank Gehry s’élève sur neuf étages et représente une surface de 25 000 m2. Le bâtiment qui accueillera des salles de travail, de conférences, des espaces de résidence et d’accueil, repose sur un socle de 15 000 m2 composé d’espaces d’archives et de vastes espaces d’exposition aux normes internationales.

Maja Hoffmann, présidente de la Fondation Luma, a fait la rencontre de l’architecte en 2005 dans le cadre du tournage du documentaire Sketches of Frank Gehry réalisé par le cinéaste américain Sydney Pollack. Maja Hoffmann est alors productrice associée de ce film. Séduite par l’approche pluridisciplinaire, mêlant art contemporain et architecture de Gehry, par la liberté de son trait et de sa pensée, par sa conception de la création envisagée comme un cheminement, par ses compétences d’urbaniste, sa capacité à penser la ville et son tissu existant, elle fait naturellement appel en 2007 à l’architecte pour réfléchir au devenir de la friche industrielle du Parc des Ateliers au sein d’un protocole conclu avec la Ville d’Arles.

La Fondation Luma est financée en totalité par les fonds personnels de sa fondatrice et présidente Maja Hoffmann, prélevés sur sa part de la fortune familiale issue du laboratoire pharmaceutique suisse Hoffmann-La Roche fondé par son arrière-grand-père. Via la création du fonds de dotation (FDD) Luma Arles, la Fondation Luma a investi et paie des impôts en France.

Les 11 500 blocs qui constituent la façade de la tour ont été fabriqués dans un acier inoxydable spécialement traité pour éviter d'éblouir. L’inox est martelé et texturé, avec un effet toile de lin, afin de pouvoir capter et renvoyer la lumière sans la refléter. Ce matériau a été choisi après de très nombreux tests à la fois en laboratoire et dans les conditions réelles plusieurs années sur le site. Le résultat permet d’obtenir une façade dont la couleur varie avec la lumière, mais qui ne présente aucun risque d’éblouissement.

Le jardin occupe un peu plus de trois hectares et demi (36000 m2 exactement) de terrains appartenant soit la société Ateliers d’Arles Immobilier dont Maja Hoffmann est l’actionnaire principale, soit à la Ville d’Arles. Les deux propriétaires ont décidé que le parc serait public, donc gratuit et ouvert à tous.

Le travail de conception du jardin réalisé par l’architecte de paysage Bas Smets a été pris en charge par Luma Arles sous la forme d’un don. Les travaux d’aménagement (10,3 millions d’euros) sont réalisés par l’agence AREA représentant de la Ville d’Arles à hauteur de 4 millions d’euros pour les parties publiques et par Luma pour un montant de 6,3 millions d’euros pour les parties privées. Les investissements en matériels et équipements (montant : 1,5 million d’euros) pour l’entretien du parc seront pris en charge à parts égales par la Ville et Luma. L’entretien et la gestion du jardin seront aussi assurés en collaboration par la Ville et par Luma qui créeront à cet effet une association syndicale libre (ASL) de propriétaires.

Le projet de Luma Arles ne bénéficie pas d’argent public. Sa forme juridique française de fonds de dotation interdit de recevoir des subventions. La construction de la tour, la rénovation des anciens ateliers, tout comme la programmation artistique et les emplois directs sont entièrement financés par les fonds privés de Luma Arles. Les financements de l’État et des collectivités sont consacrés uniquement aux équipements publics : la voirie, les réseaux, la partie publique du parc et le déplacement de la sous-station SNCF. Ces travaux concernent la totalité des 11,3 hectares de la Zone d’aménagement concertée (ZAC) des Ateliers créée en 2006. Luma Arles occupe sept hectares de la ZAC créée en 2006 par la Ville d’Arles et qui comprend également le site de l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP) financée majoritairement par le ministère de la Culture. La Ville, la Région, la communauté d’agglomérations ACCM, le Département et l’État participent au budget de la ZAC pour un montant de 25 millions d’euros sur 13 ans. Les travaux publics sont réalisés par l’agence régionale AREA. Au total, le Parc des Ateliers est un projet d’intérêt général financé par de l’argent privé. Rien n’empêche par contre que l’État ou des collectivités participent financièrement à des programmes d’utilité collective, comme une forme de reconnaissance et d’encouragement pour ce que nous faisons.

La Fondation Luma n’a rien à défiscaliser en France puisqu’elle est un organisme de droit suisse qui n’avait pas d’activité en France avant le projet du Parc des Ateliers. Au contraire, la Fondation a investi et paie des impôts en France avec la création de Luma Arles qui gère le Parc des Ateliers. Luma Arles est un fonds de dotation (FDD), c’est-à-dire une structure de droit français à but non lucratif. Cette configuration est totalement différente des fondations de droit français créées directement par des entreprises privées françaises qui bénéficient de défiscalisation pour financer leurs activités culturelles ou humanitaires.

La Fondation Luma est un organisme de droit suisse fondé en 2004 par Maja Hoffmann. En 2013, la Fondation Luma a créé et financé le fonds de dotation Luma Arles pour piloter le projet du Parc des Ateliers d’Arles. Un fonds de dotation (FDD) est une structure de droit français à but non lucratif pour mener une mission d'intérêt général. Luma Arles incarne le projet principal de la Fondation Luma qui est aussi engagée dans des partenariats à long terme avec des institutions internationales comme la Kunsthalle de Zurich, la Tate Modern et la Serpentine Gallery à Londres, le New Museum ou le Bard College à New York. À Arles, la Fondation Luma est la maison mère de Luma Arles et des structures qui gèrent les différentes activités arlésiennes au sein de ce que Maja Hoffmann décrit comme un “archipel”.

Le Parc des Ateliers occupe sept hectares à l'intérieur de la Zone d’aménagement concerté (ZAC) des Ateliers. En 2013, la Région Provence Côte d’Azur, via son agence AREA, a vendu la majeure partie de ces sept hectares à la société Ateliers d’Arles Immobilier dont Maja Hoffmann est l’actionnaire principale. La maison d’édition arlésienne Actes Sud avait également acquis un lot qu’elle a revendu en 2019 à la société Ateliers d’Arles Immobilier. Aujourd’hui, cette société est propriétaire du Parc des Ateliers, des bâtiments anciens rénovés et du nouveau bâtiment ainsi que des terrains, à l’exception des parties publiques du jardin qui appartiennent à la Ville d’Arles.

L’objectif de Maja Hoffmann n’est pas d’accumuler des biens. La société des Maisons d’Arles qu’elle a créée compte trois hôtels : le Cloître, l’Arlatan et le Nord-Pinus, soit 80 chambres sur 1500 chambres d’hôtel à Arles. Ce qui représente 5% de l’offre hôtelière d’Arles, un chiffre loin de l’idée que Maja Hoffmann achète tout à Arles. Son implication dans l’hôtellerie arlésienne fait partie de la démarche de Luma Arles et d’une volonté d'intégrer l’art dans des lieux de vie. C’est dans cet esprit qu’elle a demandé à l’artiste Jorge Pardo de concevoir la rénovation de l’Arlatan, que son ancien propriétaire ne parvenait pas à vendre à un groupe hôtelier classique. Aujourd’hui, c’est un lieu qui conjugue la mise en valeur du patrimoine historique et la vitalité de l’art contemporain. Et qui participe à l'économie du centre ancien.

Lors de la vente de l’annexe du Cloître en septembre 2019, une polémique est née sur les réseaux sociaux. Or, ce bien est le seul bâtiment communal cédé par la Ville d’Arles à une société proche de Luma Arles. Finalement, la vente a été approuvée par un vote du Conseil municipal de septembre 2019 à un prix correspondant exactement à l’estimation des Domaines. L’annexe du Cloître était désaffectée depuis 2017 et les services municipaux qui l’occupaient avaient déménagés sur un autre site, acquis par la municipalité à cet effet. Le projet de la Fondation Luma pour ce bâtiment comprend à la fois des résidences d’artistes et une extension de l’hôtel du Cloître. La cour, qui offre une très belle vue sur le jardin d’été, sera librement ouverte au public.

Autour de Luma Arles et du Parc des Ateliers, des activités se sont développés dans l'hôtellerie. Deux sociétés ont été créées avec chacune son objet précis. Ainsi, la société 2H5 est propriétaire de l’immobilier et procède donc aux acquisitions. La société Les Maisons d’Arles est chargée de l’exploitation des établissements, dans l’esprit et la philosophie souhaitée par Maja Hoffmann. L’ensemble est pensé comme un archipel, en lien avec les projets artistiques du Parc des Ateliers.

Le premier restaurant créé par Maja Hoffmann était la Chassagnette, une ancienne bergerie devenue en 2002 un restaurant et un jardin bio, conçus comme une vitrine de l’art de vivre en Camargue. Cette volonté d’inventer de nouveaux lieux s’est développée avant la création de la Fondation Luma en 2004 puis du lancement du projet du Parc des Ateliers. L’idée-force est de faire appel à des artistes pour créer des établissements différents. Il faut aussi répondre aux besoins de Luma Arles pour héberger des artistes en résidence et des invités internationaux. Aujourd’hui, trois hôtels font partie de cet écosystème, chacun avec sa personnalité propre. Le tout représente 80 chambres, soit une part modeste de l’offre hôtelière d’Arles (5%). L’objectif n’est pas la rentabilité à court terme visée par les groupes hôteliers classiques. Par exemple, aucun repreneur ne s’était manifesté pour l’hôtel Arlatan en raison du montant de l’investissement. Le développement des établissements se fait en bonne entente avec les hôteliers arlésiens.

L'arrosage du jardin paysager a été conçu pour éviter tout impact négatif sur l’environnement. En accord avec le syndicat des arrosants de la Crau, l'eau du canal de Craponne (qui longe la partie sud du Parc des Ateliers) sera pompée. Elle sera ensuite stockée dans deux citernes d'environ 1000 mètres cubes enterrées sur le site, puis filtrée grâce à un processus naturel. L’eau sera ensuite reversée dans le bassin créé dans le parc-jardin, d’où elle servira à l'arrosage du jardin. Par ailleurs, les eaux de pluie sont recueillies des toits des bâtiments par un système de gouttières pour alimenter les réseaux sanitaires.

Dès le début du projet, nous avons souhaité que le Parc des Ateliers soit exemplaire en matière de respect de l’environnement. Nous sommes allés plus loin dans ce domaine que la réglementation en vigueur. Le Parc équilibre sa consommation en énergie. L’énergie nécessaire au site sera produite grâce à des ressources naturelles et renouvelables. Un générateur produit à la fois de l’électricité, de la chaleur et du froid. Cette énergie est produite à partir d’huile de tournesol provenant de l’agriculture camarguaise ainsi que d’huile végétale usagée. Cette huile est collectée dans les restaurants et cantines du Pays d’Arles grâce à une filière locale. Par ailleurs, 2000 m2 de panneaux solaires installés sur le toit de la Grande Halle produisent de l’électricité, tout comme les ombrières du futur parking des Minimes, situé au sud-est du site, en bordure de la route de la Crau.

Maja Hoffmann a passé son enfance et son adolescence à Arles où elle est arrivée à l’âge de 15 jours. Ses parents avaient décidé de vivre en pleine Camargue en raison de la passion de son père Luc Hoffmann pour la nature du delta du Rhône, où il a fondé la station biologique de la Tour du Valat. Maja Hoffmann a choisi Arles pour réaliser son projet en raison de cette attache très personnelle mais aussi parce qu’elle est convaincue que l’avenir s’écrit dans les villes à taille humaine et non dans les mégalopoles. Mécène des Rencontres de la photo et du festival des Suds depuis vingt ans, elle était impliquée dans la vie culturelle locale avant de lancer le projet Luma Arles.

À toutes les étapes clés, Luma Arles a travaillé en étroite collaboration avec la mairie d’Arles. D’ailleurs, un projet de cette importance n’est possible qu’avec la participation des collectivités. Luma Arles a été lancé en 2007 après des échanges avec le Maire d’Arles Hervé Schiavetti, Michel Vauzelle, alors Président de la Région Provence-Alpes-Côte-D’azur et les principaux acteurs culturels de la ville : les Rencontres d’Arles, la maison d’édition Actes Sud et l’École nationale supérieure de la photographie. Depuis cette date, le Conseil municipal a approuvé chaque décision majeure. C’est la mairie d’Arles qui a accordé les permis de construire. Plusieurs services municipaux ont travaillé sur le projet : les services de l’urbanisme et du patrimoine ainsi que les services techniques. Des réunions publiques au théâtre d’Arles ont permis de présenter l’évolution du projet aux Arlésiens. Depuis le début, des rencontres régulières entre le Maire d’Arles et Maja Hoffmann ainsi que ses équipes ont permis de créer des liens durables.

Le Parc des Ateliers s’inscrit dans la dynamique d’Arles et la complète en ajoutant plusieurs atouts. Le chantier puis le fonctionnement du site crée des emplois, ce qui est une des raisons de la baisse du chômage à Arles ces dernières années. Les ateliers rénovés, et bientôt la tour, offrent de nouveaux équipements culturels d’une dimension et d’une qualité qui place Arles au niveau des capitales culturelles mondiales. Grâce à ces espaces, la programmation d’expositions et d’évènements toute l’année dynamisera l’offre culturelle de la ville hors saison estivale. D’autres acteurs arlésiens comme les Rencontres d’Arles bénéficient de ces équipements pour leurs expositions. Les Arlésiens vont aussi disposer d’un nouvel espace vert : le parc-jardin public et gratuit conçu par l’architecte de paysage Bas Smets sur 36000m2. Le bâtiment signé par Frank Gehry, considéré comme l’un des plus grands architectes du monde, ajoute une œuvre du XXIe siècle au patrimoine romain et roman des siècles précédents. Enfin, les activités de Luma Arles contribuent à l'émergence à Arles de projets indépendants ou d’entreprises créatives dans les domaines de l’art, du design ou de l’environnement.

Dotée d’un patrimoine romain et roman exceptionnel, la ville d’Arles est classée depuis plus de trente ans au patrimoine mondial de l’Humanité de l’Unesco. Le Parc des Ateliers est d’ailleurs situé à proximité de la nécropole des Alyscamps, l’un des principaux sites classés. Plusieurs mesures ont été mises en place afin que la construction et la revitalisation du Parc des Ateliers ne dénaturent pas ce patrimoine historique. Suivant les préconisations du ministère de la Culture et de la Communication, le nouveau bâtiment sera invisible depuis le site des Alyscamps. En 2013, le projet a obtenu un avis favorable de l’architecte des bâtiments de France (ABF), garant du respect et de la protection du patrimoine. Le projet a reçu le soutien des Amis du Vieil Arles, l’association de défense du patrimoine fondée en 1903 estimant que le bâtiment constituera le patrimoine arlésien du XXIe siècle. Le permis de construire délivré par la Ville d’Arles en octobre 2013 a été accordé à la lumière de toutes ces garanties. Au travers de la revitalisation de l’ancienne friche industrielle SNCF, le projet s’inscrit aussi dans une histoire plus contemporaine de la ville. Le dialogue entre le moderne et l’ancien a été au cœur de la réflexion de l’architecte Frank Gehry, qui s’est notamment inspiré des sites antiques et naturels arlésiens pour proposer un bâtiment résolument contemporain, tourné vers l’avenir.

Proche de la Via Aurelia, l’un des principaux axes de communication de l’Empire romain, le site était autrefois un immense cimetière antique, puis médiéval, comme en témoignent les sarcophages présents partout aux Alyscamps. Au milieu du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle, les premiers ateliers de la compagnie de chemin de fer de l’axe Paris-Lyon-Marseille (PLM) furent construits à l’emplacement même de la nécropole, provoquant, hélas, la destruction d’une partie des vestiges... Poumon économique d’Arles, le site a employé jusqu’à 1800 ouvriers à l’âge d’or des Ateliers aux environs de 1920. En 1956, lors du centenaire des Ateliers,700 personnes travaillaient encore sur le site. Quand la SNCF a décidé la fermeture définitive des ateliers en 1984, il ne restait alors que 60 salariés.

Partout, en France ou ailleurs, des projets de cette ampleur déclenchent des oppositions qui s’apaisent avec le temps. C’est le cas à Arles : les inquiétudes ont reculé au fur et à mesure que les Arlésiens sont venus voir le projet, s’informer, en discuter avec nous. Aujourd’hui, quelques critiques liées à l’évolution vers une industrie de l’art, apparaissent davantage sur les réseaux sociaux que dans la réalité arlésienne. Il faut aussi se souvenir que plusieurs milliers d’Arlésiens avaient assisté à la fête organisée sur l’avenue Victor Hugo lors du lancement du chantier le 5 avril 2014. De même, les multiples réunions publiques organisées par la mairie ont rassemblé un public nombreux et attentif, dont les interventions ont été largement positives. Au tout début du projet, l’enquête publique réalisée en 2013 dans le cadre de l’instruction des permis de construire n’avait noté aucune opposition au projet. Une fois accordés, les permis n’ont fait l’objet d’aucun recours. Au niveau politique locale, le projet fait l’objet d’un consensus. Les élus du Conseil municipal d’Arles ont voté souvent à l’unanimité les décisions concernant le Parc des Ateliers. Les partenaires comme la Communauté d’agglomération Arles Crau Camargue (ACCM) ou la Chambre de Commerce et d’Industrie du Pays d’Arles (CCIPA) ont soutenu le projet de manière très active. De nombreux acteurs culturels et associatifs arlésiens ont aussi tissé des liens étroits avec Luma Arles.

Les chantiers du Parc des Ateliers ont créé l’équivalent d’une centaine d’emplois grâce à la clause d’insertion signée avec la Communauté d’agglomération ACCM. Pour les emplois directs, environ 230 salariés permanents en équivalent temps plein travaillent pour Luma Arles ou pour la partie hôtellerie avec les Maisons d’Arles. À quoi il faut ajouter une vingtaine d’emplois pour les prestataires de sécurité et nettoyage. Luma Arles impose aux entreprises sous-traitantes de s’installer à Arles. C’est le cas par exemple de Vinci Facilities, en charge de la maintenance technique du site. Ces emplois ont joué un rôle dans la baisse du chômage constatée à Arles ces dernières années.

Luma Arles revendique son ancrage local à Arles et en Camargue mais aussi son ouverture internationale. Ces deux aspects font partie de l’identité du projet de Parc des Ateliers tel que Maja Hoffmann l’a imaginé. Luma Arles assume donc totalement son bilinguisme. L’ensemble des documents et publications sont rédigés à la fois en français et en anglais. Nous avons la conviction que c’est un atout pour le rayonnement d’Arles dans le monde.

Le Parc des Ateliers est ouvert à tous. Quel que soit votre âge, votre niveau d’études, vos habitudes culturelles ou vos loisirs, vous pouvez trouver au Parc des Ateliers quelque chose qui vous intéresse. La seule condition, c’est la curiosité, l’envie de découvrir. La programmation de Luma Arles forme un éventail large : de la danse au design, de la performance à la vidéo, de la philosophie à la photographie. Toute la programmation est gratuite pour les Arlésiens. Des visites commentées sont organisées ainsi que des ateliers pédagogiques.

Pour les Arlésiens et pour les Camarguais, visiter le site permet de vivre de l’intérieur la progression d'un projet majeur pour leur ville. Afin de faciliter l'accès de tous les habitants, y compris ceux qui vivent loin du centre, Luma Arles a organisé en partenariat avec les élus de la Ville d’Arles de nombreuses visites avec les comités de villages et de quartiers, ainsi que des associations de commerçants, de cheminots, etc. De nombreux habitants des villages de Camargue ont participé à ces visites organisées depuis fin 2016 et qui ont suscité un véritable enthousiasme.

Les écoliers, collégiens et lycéens arlésiens sont un public prioritaire pour Luma Arles qui a développé des programmes conçus à leur attention. Chaque année scolaire, des classes de la maternelle au lycée participent à un projet pédagogique avec leurs professeurs et notre équipe d’accueil et de médiation avec des ateliers sur l’histoire du site, sur l’architecture et sur le paysage. À la fin du printemps, leurs travaux sont présentés aux parents. Des présentations du projet sont aussi organisées dans des collèges, les maisons de quartiers et dans les centres sociaux en partenariat avec les services d'animation de proximité de la Ville d’Arles.

L’immobilier a beaucoup augmenté ces dernières années dans la plupart des villes. À Arles, le Parc des Ateliers attire un nouveau public. C’est un atout qui peut aussi avoir des aspects négatifs notamment sur le plan du logement. D’ailleurs, on constate dans le monde entier que les revenus du travail augmentent moins vite que les prix de l’immobilier, surtout quand les offres d’emploi progressent. D’autres facteurs jouent un rôle comme la multiplication des locations saisonnières. Luma Arles déplore cette situation mais seuls les pouvoirs publics, et notamment la mairie, disposent des outils pour réguler les locations et prendre des mesures pour favoriser le logement des Arlésiens.

La loi française autorise la corrida dans plusieurs villes du sud de la France, dont Arles. Assister à une corrida relève de la liberté individuelle. Notre rôle n'est pas de nous opposer à la loi, ni de dicter la conduite des uns et des autres. En Camargue, la tauromachie comprend aussi la course camarguaise (sans mise à mort) et permet la conservation d'espaces naturels indispensable à l'équilibre environnemental dans une zone fragile. La corrida a inspiré des créateurs de Goya à Picasso, de Georges Bataille à Christian Lacroix, de Michel Leiris à Ernest Pignon Ernest. Pour autant, le refus de la corrida est légitime dans un contexte d'avancée vers un monde débarrassé de la souffrance animale.

La SNCF décide de fermer ses ateliers en 1984. Il ne restait alors que 60 salariés. Laissés à l’abandon pendant plusieurs années, les bâtiments du site se sont considérablement dégradés. Ce n’est qu’à partir du début des années 2000 que le site a été réinvesti : avec la réhabilitation de la cité Yvan-Audouard tout d’abord, puis celle de la Grande Halle par la région Provence-Alpes-Côte-D’azur ensuite, à travers l’utilisation des ateliers l’été par les Rencontres d’Arles, et enfin avec le lancement du projet Luma Arles.

Les anciens cheminots ont été associés au projet depuis ses débuts. La Fondation Luma s'est engagée à rappeler l'histoire industrielle du site et conserver la mémoire ouvrière des Ateliers. Nous travaillons avec le service des archives de la SNCF pour un parcours, qui pourrait être virtuel, pour faire découvrir aux visiteurs les ateliers ferroviaires tels qu’ils étaient au début du XXe siècle.

Les relations entre la Fondation Luma et les Rencontres de la photographie sont solides et anciennes. Maja Hoffmann, fondatrice et présidente de la Fondation Luma, est membre du Conseil d'administration du festival auquel elle apporte son soutien depuis 2002. Les Rencontres et leur directeur de l’époque François Hebel ont été associés au projet de Parc des Ateliers dès son lancement en 2007. Des inquiétudes et des malentendus ont débouché sur une période de divergences, très médiatisée, avant la vente des terrains en 2012. Les choses se sont ensuite apaisées. Depuis 2014, le chantier a été planifié de telle sorte que le Parc des Ateliers reste ouvert chaque été et que le festival puisse disposer d’un lieu d’exposition sur le site lors de chaque édition. La rénovation des anciens ateliers a permis aux Rencontres de bénéficier d’espaces d’exposition dans des conditions dignes des grands musées. En 2019, Luma Arles a proposé au festival de disposer toute l’année de l’un des espaces rénovés au sein du Parc des Ateliers garantissant ainsi sa stabilité et sa pérennité.

En 2021, quand il sera terminé, le jardin conçu par l’architecte de paysage Bas Smets comptera au total 500 nouveaux arbres : tilleuls argentés, érables de Montpellier, chênes-liège, cèdres de l’Atlas...). Le premier arbre : un pin parasol de 12 mètres de haut, d’un poids de 5 tonnes et âgé de près de 60 ans a été planté le 19 novembre 2019, rejoint par d’autres pins et des chênes verts.

Depuis le début du projet, Maja Hoffmann a réuni un groupe d’artistes et d’experts reconnus internationalement et qu’elle connaît depuis longtemps. Ce cercle, appelé Core Group, a travaillé avec elle à définir une plate-forme culturelle d’un nouveau type. Collectivement, le groupe décide de la programmation autour de quatre axes : la production, la recherche, l’exposition et l’archive. Les membres sont Tom Eccles (directeur du Bard College's Centre for Curatorial studies de New York), Liam Gillick (artiste et auteur anglais), Hans Ulrich Obrist (directeur des Serpentine Galleries de Londres), Philippe Parreno (artiste français) et Beatrix Ruf (conservatrice en chef de la Kunsthalle Zurich). Le Core Group programme des expositions chaque année depuis 2010. En 2020, le Core Group prend une dimension nouvelle pour devenir l’Artistic College, accueillant trois nouveaux membres : Ian Cheng, Sophia Al-Maria et Paul B. Preciado.

La maison d'édition arlésienne Actes Sud a revendu en 2019 à la société Ateliers d’Arles Immobilier le lot qu'elle avait acquis lors de la vente du site en 2013. Il s'agissait du terrain comprenant le bâtiment dit du magasin électrique situé au sud du site, en bordure du chemin des Minimes.