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The Human Snapshot - Conférence

The Human Snapshot traite des formes actuelles d’universalisme telles qu'elles sont disséminées et consolidées par le biais de la photographie et de l’art contemporain. Fondée sur un projet de recherche conduit par Ariella Azoullay, cette conférence est organisée par Thomas Keenan et Tirdad Zolghadr, en collaboration avec Johanna Burton et Tom Eccles.

Alors qu’il est de bon ton aujourd’hui dans les cercles universitaires et politiques d’invoquer les revendications et normes liées aux droits de l’homme, les fondements conceptuels de ce discours – l’humanisme et l’universalisme – ont été soumis à des défis majeurs au cours de ces dernières années.
L’une des principales critiques de l’universalisme réside dans le discours critique des arts visuels et de l’image photographique, qui représente en fait l’un des opérateurs les plus importants de ce que nous pourrions désigner comme la forme d’universalité qui existe réellement à l’heure actuelle.
Cette même critique, et le discours lié au contexte local et culturel, fournissent sans doute à l’art contemporain le luxe et l’efficience d’un agenda universaliste sans contrainte.
Des présomptions complexes de communicabilité universelle sont déjà présentes dans des projets ambitieux de portée internationale et, en conséquence, n’en sont que plus volatiles.

Ici, la question centrale réside dans le fait de savoir dans quelle mesure les discours de l’art contemporain et des droits de l’homme sont irrévocablement liés à la fondation universaliste classique.
Est-il possible de mettre un terme à l’articulation entre ces deux traditions et quelle différence résulterait de cette séparation ?
Quel rôle l’image, et ses manifestations matérielles, continuent-elles à jouer au sein de cet appareil idéologique ?

Ces interrogations sont discutées au cours de conférences et d’ateliers, avec comme point de départ une discussion sur la légendaire exposition de 1995, Family of Man. Cette discussion s’inspire de recherches récentes menées par la théoricienne de l’art visuel Ariella Azoullay.
D’autres conférenciers débattent des canaux actuels de distribution dont disposent les discours et images d’universalisme, ainsi que des intérêts de classe en jeu dans une telle organisation.
Enfin, sont abordés l’impact des nouvelles formes de technologie, depuis la démocratisation de l’image photographique jusqu’aux révolutions des diffusions en ligne.

FAMILY OF MAN (La Famille de l’Homme)
Les participants utilisent cette exposition photographique et son héritage critique comme point de départ. Family of Man, organisée par Edward Steichen au Museum of Modern Art en 1955, représente un corpus d’environ 500 images sélectionnées parmi près de 2 millions de propositions, soumises par 273 photographes de près de 70 pays. L’exposition de 1955 fut exceptionnelle de par son agenda universaliste de poids.
Quels sont les pendants actuels de Family of Man ? Comment la base thématique de l’exposition pourrait-elle faire écho aux débats actuels dans le domaine de l’art contemporain et des droits de l’homme ?

CANAUX DE DISTRIBUTION
Family of Man figure parmi les expositions les plus visitées de l’histoire et son catalogue reste l’un des plus largement distribués. De plus, sa réception fut spectaculaire et polarisée, déclenchant des initiatives pédagogiques et des « contre-expositions » polémiques.
En prenant l’exposition de Steichen comme point de départ, quels sont les lieux contemporains d’exposition et de transmission qui facilitent la transmission d’idées allant de l’internationalisme du monde de l’art jusqu’au discours sur les droits de l’homme ?
Quelles formes de narration et d’images se sont révélées plus faciles à exporter et importer ?
Quelles nuances particulières d’idéologie humaniste ce processus engendre-t-il ?
Qui a des intérêts en jeu dans les configurations actuellement en place ?

INTERETS SPECIAUX
La bourgeoisie européenne est célèbre pour avoir développé une tradition forte et dynamique de définition de ses intérêts comme étant identiques à ceux de l’humanité en général. D’autre part, les discours d’universalisme et de droits de l’homme ont joué un rôle essentiel dans l’articulation des luttes des plus démunis, fournissant une tribune essentielle à des voix autrement marginalisées.
Historiquement, quels intérêts spéciaux ont été en jeu dans ces discussions et dans quelle mesure leurs affirmations généralistes se retournent-elles contre elles, si c’est le cas ?

Participants : Ariella Azoulay, Roger Buergel, Georges Didi-Huberman, Bassam el Baroni, Michel Feher, Hal Foster, Anselm Franke, Dominique Gonzalez-Foerster, Denis Hollier, Sandi Hilal and Alessandro Petti, Alex Klein, Suhail Malik, Marion von Osten, Katya Sander, Eyal Sivan, Hito Steyerl, Eyal Weizman.

Ce symposium universitaire est produit par le Center for Curatorial Studies au Bard College, NY, comme premier exemple de collaborations de long terme entre le Bard College et la Fondation Luma. Il est organisé par Tom Keenan et Tirdad Zolghadr en collaboration avec Johanna Burton.