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La Crue des Droits - Conférence

Aujourd’hui, de façon presque routinière, nombre d’individus revendiquent et affirment leurs droits par le biais de canaux de communication générés par les utilisateurs, tels que Facebook ou Twitter. Par l’image, de même que par les mots et le son, ces revendications sont exprimées et communiquées – ou pourrions-nous dire : démontrées – par les détenteurs de ces droits eux-mêmes, adressées quelquefois de manière très directe, parfois à l’attention d’un public indéterminé.

Ces images et leurs conséquences constituent une pratique des droits de l’homme en dehors de ses sites habituels tels que le droit, le gouvernement, l’activité d’ONG et le journalisme formel. Elles représentent une expansion et une consolidation radicale des pratiques et institutions des droits de l’homme. Ce nouveau type d’universalisme sous-tend - et est transformé - par ces mêmes pratiques, tout en construisant un ethos de la communication à interroger.

Répondant aux changements majeurs dans la manière dont les transformations politiques, au nom de la justice, sont organisées et mises en œuvre depuis la première conférence The Human Snapshot à Arles en 2011, La Crue des Droits interroge la manière dont les technologies de prise d’images et les canaux de communication ont, au cours des dernières années, transformé le terme même de droit de l’homme.

En d’autres termes, alors que The Human Snapshot explorait les possibilités et les limites des intersections entre les droits de l’homme, la photographie et l’universalisme, notre attention se porte désormais sur les plateformes et les médias de ces intersections.

Nous nous demandons comment les pressions universalistes nouvellement produites et disséminées, affectant la moralité, le droit, l’engagement civique et leurs institutions-mêmes, sont transfigurées par ce processus.

Quels sont les intérêts, les technologies, les langues et les institutions qui structurent la distribution globale des concepts et des pratiques liées à l’humanisme et l’universalisme ?

Comment impactent-ils sur ces idées elles-mêmes ?

Quelles sont les formes de narrations, les connaissances et les images qui se sont révélées plus faciles à exporter et à importer ? Qui a des intérêts en jeu dans les configurations en cours ?

Participants : Amanda Beech, Rony Brauman, David Campbell, Olivia Custer, Rosalyn Deutsche, Jackson Pollock Bar, Eric Kluitenberg, David Levine, Sohrab Mohebbi, Sharon Sliwinski, Hito Steyerl et Bernard Stiegler.

Organisé par Thomas Keenan, Suhail Malik, et Tirdad Zolghadr en partenariat avec le Center for Curatorial Studies au Bard College (CCS Bard) et le Human Rights Program (Bard College).


A propos du Center for Curatorial Studies (Centre d’études en commissariat)

Le Center for Curatorial Studies au Bard College – CCS Bard est un centre d’exposition, d’éducation et de recherche dédié à l’étude des pratiques des arts et de commissariat depuis les années 60 jusqu’à nos jours. Ce Centre abrite non seulement les galeries du CCS Bard et le Hessel Museum of Art, mais également la collection Marie Luise Hessel, ainsi que d’immenses archives de livres et de conservation accessibles au public.

Le programme de Master en commissariat d’exposition proposé par le Centre permet aux étudiants d’approfondir leur compréhension des tâches intellectuelles et pratiques liées aux activités de commissariat en art contemporain. Les galeries du CCS Bard et le Hessel Museum of Art organisent des expositions toute l’année, fournissant ainsi aux étudiants la possibilité de travailler avec des artistes et des commissaires de réputation mondiale.

Le programme d’expositions et la collection Hessel servent également de base à une large gamme de programmes et d’activités publiques explorant l’art et son rôle dans la société contemporaine.


A propos du Human Rights Project (Projet Droits de l’Homme)

Le Human Rights Project du Bard College est un projet majeur transdisciplinaire couvrant les arts, les sciences sociales et la littérature. Il propose des cours qui analysent les sujets théoriques fondamentaux, les questions historiques et empiriques au sein des disciplines, ainsi que des stratégies pratiques et juridiques de plaidoyer pour les droits de l’homme.

Les étudiants sont encouragés à aborder les droits de l’homme comme une question intellectuelle, à lancer des débats polémiques sur les orthodoxies des droits de l’homme, et à se lancer dans une pensée critique à propos des droits de l’homme en tant que discours plutôt que de simplement suivre une formation professionnelle dans ce domaine.

Le Human Rights Project établit un lien entre l’interrogation théorique et les explorations critiques avec une recherche active et l’implication dans les questions contemporaines. Parmi les initiatives en cours on trouve des projets d’études légales des droits de l’homme (avec le Centre for Research Architecture du Goldsmiths College, University of London), de musique et torture, et les intersections entre les arts visuels et les droits de l’homme (avec le Center for Curatorial Studies, Bard College).