Retour

Symposium: Comment pensent les institutions

Dans l’art contemporain et le discours curatorial, la question de l’institution occupe une place centrale. Les dernières décennies ont vu quantité de débats sur la critique institutionnelle, le néo-institutionnalisme, les pratiques instituantes et l’auto-organisation ; ces thèmes ont bien souvent été abordés par le biais de catégories telles que le pouvoir, l’hégémonie, la hiérarchie, le contrôle, les valeurs ou la discipline.

Lorsqu’il s’agit d’aborder la dialectique de l’anti-institutionnalisme institutionnalisé dans l’art contemporain, ces débats paraissent fréquemment aboutir à une impasse. Toutefois, de nouvelles institutions d’art et de recherche continuent d’être conçues, inaugurées et contestées de différentes façons.

Empruntant son titre à l’ouvrage How Institutions Think publié par Mary Douglas en 1986 (traduit en français aux éditions Les Découvertes), ce symposium s’interroge sur les possibilités et les limites actuelles des formats, des pratiques et des imaginaires institutionnels, mais en adoptant un autre point de départ - à savoir : les catégories du savoir, de la cognition et du social.

Si les questions liées au savoir ont déjà été abordées dans de précédentes discussions sur les institutions artistiques, ces débats mettent plus rarement l’accent sur l’épistémologie sociale ou les opérations cognitives propres aux formes et aux processus institutionnels.

Les participants sont invités à réexaminer les pratiques, les habitudes, les modèles, les transformations et les discours autour de l’institution et de l’anti-institution dans les champ curatorial et de l’art contemporain. Parmi les thèmes abordés : la pratique épistémique, la cognition et le lien social, le pouvoir et le savoir, et l’institution comme objet d’étude à travers de nombreuses disciplines, telles que la théorie politique, la science de l’organisation, la sociologie…

Le symposium Comment pensent les institutions réunit un panel pluridisciplinaire d’intervenants venus du monde entier, invités à réfléchir sur la façon dont les pratiques institutionnelles façonnent les pratiques artistiques, curatoriales, éducatives et de recherche, tout comme elles modèlent le monde qui nous entoure.

Il vise aussi à proposer des formes de pratique institutionnelle inédites et novatrices. Il met en œuvre une méthode de travail collaborative, réunissant et partageant les différents réseaux et ressources afin d’aborder une question centrale :

Comment commencer à conceptualiser et construire les institutions/anti-institutions du futur ?

Quels sont les modèles, les ressources, les talents et les savoirs nécessaires pour bâtir une institution nouvelle et novatrice, vouée à la recherche, si tant est qu’il soit possible de créer une telle institution ?

Notre série de symposiums s’efforce de développer un réseau de réflexion sur l’avenir de la pratique curatoriale au niveau mondial. Cette deuxième édition se tient en un temps d’incertitude dans lequel des problématiques liées au renforcement de contrôle sécuritaire formatent un cadre de pensée géopolitique de plus en plus anachronique et étroit. Nous tentons d’en extraire la dialectique institution/anti-institution pour ne pas subir ses limites théoriques.


Le symposium s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre le CCS Bard et la Fondation Luma.

Précédents symposiums organisés :

- The Future Curatorial What Not And Study What ? Conundrum (2014),

- The Flood of Rights (2013),

- The Human Snapshot (2011).

Symposium organisé par la Fondation Luma, Paul O’Neill et Tom Eccles (du Center for Curatorial Studies Bard College, New York).

En partenariat avec : Guus van Engelshoven (d’Appel Arts Centre, Amsterdam) ; Mick Wilson (Académie Valand, Université de Göteborg) ; Charles Esche, Alison Green, et Lucy Steeds (Central Saint Martins, University of the Arts, Londres) ; Simon Sheikh (du département d’Art, Goldsmith’s, Université de Londres) ; Maria Mkrtycheva (la Fondation V-A-C de Moscou).

Intervenants : Luc Boltanski, Mélanie Bouteloup, Jason E. Bowman, Binna Choi, Céline Condorelli, Pip Day, Clémentine Deliss, Keller Easterling, Tom Eccles, Bassam El Baroni, Charles Esche, Arnaud Esquerre, Patrick D. Flores, Alison Green, Marina Gržinić, Alhena Katsof, Annette Krauss, Hans Ulrich Obrist, Paul O’Neill, Nataša Petrešin-Bachelez, Andrea Phillips, Zahia Rahmani, Simon Sheikh, Lucy Steeds, Jeannine Tang, Mick Wilson. Chorégraphie à distance par Sarah Pierce.